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Liberte - Auteurs Clés

5 philosophes essentiels

René Descartes

1596-1650Rationalisme

Thèse principale :

Le libre arbitre est la marque de l'infini en nous : la volonté humaine est si étendue qu'elle ne connaît aucune limite.

Développement :

  1. 1

    Dans les Méditations métaphysiques (IV), Descartes distingue l'entendement (fini, limité) et la volonté (infinie, illimitée). L'erreur vient de ce que la volonté s'étend au-delà de l'entendement : nous affirmons ou nions ce que nous ne connaissons pas clairement. Mais cette disproportion même atteste notre liberté radicale.

  2. 2

    Descartes distingue deux degrés de liberté dans la Lettre au Père Mesland (1645) : la liberté d'indifférence (pouvoir de choisir entre deux options sans raison, « le plus bas degré de la liberté ») et la liberté éclairée (choisir le vrai et le bien reconnus par l'entendement, le plus haut degré). La vraie liberté n'est donc pas l'arbitraire mais l'adhésion lucide au vrai.

  3. 3

    Le libre arbitre est pour Descartes ce qui nous rend « comme maîtres et possesseurs de la nature » et ce qui fonde notre ressemblance avec Dieu. C'est par la volonté que l'homme participe de l'infini divin. Le libre arbitre est ainsi la plus noble de nos facultés et le fondement de la dignité humaine.

Citations clés

"La volonté est si étendue qu'elle n'est renfermée dans aucunes bornes."

Méditations métaphysiques, IV

"La liberté de notre volonté se connaît sans preuve, par la seule expérience que nous en avons."

Principes de la philosophie, I, 39

En dissertation :

Descartes est la référence incontournable pour défendre l'existence du libre arbitre. Utilisez-le pour affirmer que la conscience immédiate atteste la liberté, que la volonté est une puissance infinie, ou pour distinguer liberté d'indifférence et liberté éclairée. Il est particulièrement utile dans les sujets « Sommes-nous libres ? » ou « La liberté est-elle une illusion ? » (en thèse).

Emmanuel Kant

1724-1804Idéalisme transcendantal

Thèse principale :

La liberté est autonomie : être libre, c'est obéir à la loi morale que la raison se prescrit à elle-même.

Développement :

  1. 1

    Dans la Critique de la raison pure, Kant pose la liberté comme « idée transcendantale » : dans le monde phénoménal (tel qu'il apparaît à nos sens), tout est déterminé par des causes naturelles. Mais la raison exige de penser une causalité libre, c'est-à-dire la capacité de commencer une série causale par soi-même, sans être déterminé par un état antérieur. La liberté transcendantale est ainsi une condition de possibilité de la morale.

  2. 2

    Dans la Critique de la raison pratique et les Fondements de la métaphysique des mœurs, Kant identifie liberté et autonomie morale. L'homme est libre lorsqu'il agit par devoir, c'est-à-dire par respect pour la loi morale universelle (l'impératif catégorique : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle »). À l'inverse, agir par inclination (désirs, penchants) relève de l'hétéronomie et n'est pas véritablement libre.

  3. 3

    Kant distingue la liberté négative (indépendance par rapport aux déterminations sensibles, aux désirs et aux penchants) et la liberté positive (capacité de se donner à soi-même sa propre loi par la raison). La liberté n'est pas l'absence de loi mais l'obéissance à la loi rationnelle. C'est pourquoi Kant affirme que la liberté est un « postulat de la raison pratique » : nous ne pouvons pas la prouver théoriquement, mais nous devons la supposer pour que la morale ait un sens.

Citations clés

"L'autonomie de la volonté est le principe unique de toutes les lois morales et des devoirs qui y sont conformes."

Critique de la raison pratique

"Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières."

Qu'est-ce que les Lumières ?

En dissertation :

Kant est essentiel pour articuler liberté, morale et raison. Mobilisez-le pour montrer que la liberté n'est pas faire ce qu'on veut mais se gouverner par la raison, que la loi n'est pas le contraire de la liberté mais sa condition, ou que la liberté est inséparable de la responsabilité. Incontournable pour « Être libre est-ce faire ce qu'on veut ? », « Obéir est-ce renoncer à sa liberté ? » et « La liberté doit-elle être limitée ? ».

Jean-Paul Sartre

1905-1980Existentialisme

Thèse principale :

L'homme est condamné à être libre : l'existence précède l'essence, et chaque individu se définit entièrement par ses choix.

Développement :

  1. 1

    Dans L'existentialisme est un humanisme (1946) et L'Être et le Néant (1943), Sartre pose que « l'existence précède l'essence » : il n'y a pas de nature humaine prédéfinie, pas de Dieu pour fixer à l'avance ce que l'homme doit être. L'homme existe d'abord, et se définit ensuite par ses actes et ses choix. La liberté est donc la condition fondamentale de l'existence humaine, non un attribut parmi d'autres.

  2. 2

    La liberté sartrienne est totale et radicale. Même dans les situations les plus contraignantes (prison, torture, oppression), l'homme reste libre de choisir son attitude. Sartre prend l'exemple du résistant sous la torture : il choisit de parler ou de se taire, et rien ne peut lui ôter ce choix. La situation ne supprime jamais la liberté, elle en constitue le cadre. L'homme est toujours « en situation » mais jamais déterminé par elle.

  3. 3

    Cette liberté absolue engendre l'angoisse (conscience de l'absence de fondement de nos choix) et la tentation de la mauvaise foi. La mauvaise foi consiste à se mentir à soi-même en niant sa liberté : se dire « je n'avais pas le choix », « c'est mon caractère », « c'est la société ». Pour Sartre, ces excuses sont des fuites devant la responsabilité. L'homme authentique est celui qui assume sa liberté et la responsabilité totale qui en découle.

Citations clés

"L'homme est condamné à être libre ; condamné parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait."

L'existentialisme est un humanisme

"Nous sommes nos choix."

L'Être et le Néant

En dissertation :

Sartre est la référence majeure pour affirmer la liberté radicale et la responsabilité totale de l'individu. Utilisez-le pour réfuter le déterminisme, pour montrer que la liberté est un fardeau autant qu'un pouvoir, ou pour analyser la mauvaise foi. Idéal pour « La liberté est-elle une illusion ? » (antithèse), « Peut-on être libre sans être responsable ? » et « Sommes-nous libres ? ».

Baruch Spinoza

1632-1677Rationalisme / Panthéisme

Thèse principale :

Le libre arbitre est une illusion : les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent. La vraie liberté est dans la compréhension de la nécessité.

Développement :

  1. 1

    Dans l'Éthique (III, scolie de la proposition 2), Spinoza affirme que « les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres, et cette opinion consiste en cela seul qu'ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés ». Le libre arbitre est une illusion anthropocentrique : l'homme croit être un « empire dans un empire », soustrait aux lois de la nature, alors qu'il en fait partie intégralement.

  2. 2

    Pour Spinoza, tout dans la nature est régi par une nécessité absolue. Dieu (ou la Nature, Deus sive Natura) agit selon la seule nécessité de sa nature, et l'homme, en tant que mode fini de la substance, est lui aussi entièrement déterminé. Nos désirs, nos pensées, nos décisions sont des effets nécessaires de causes antérieures. L'illusion du libre arbitre vient de ce que nous avons conscience de nos désirs sans connaître leurs causes.

  3. 3

    Cependant, Spinoza ne renonce pas à toute idée de liberté. Dans l'Éthique (V), il propose une voie de libération par la connaissance : plus nous comprenons les affects qui nous déterminent (connaissance du « troisième genre »), plus nous passons de la passion (être déterminé par des causes extérieures) à l'action (agir selon la nécessité de notre propre nature). Est libre, au sens spinoziste, celui qui agit guidé par la raison et la connaissance adéquate.

Citations clés

"Les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leur appétit, et qu'ils ne pensent pas, même en rêve, aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir."

Éthique, I, appendice

"Est dite libre la chose qui existe par la seule nécessité de sa nature et est déterminée par soi seule à agir."

Éthique, I, définition 7

En dissertation :

Spinoza est la référence clé pour critiquer le libre arbitre et défendre le déterminisme. Mobilisez-le pour montrer que le sentiment de liberté est une illusion, que la vraie liberté passe par la connaissance, ou pour proposer un dépassement de l'opposition liberté/nécessité. Essentiel pour « La liberté est-elle une illusion ? » (thèse), « Sommes-nous libres ? » et « Peut-on apprendre à être libre ? ».

Jean-Jacques Rousseau

1712-1778Philosophie des Lumières / Contractualisme

Thèse principale :

L'homme naît libre, mais la société l'enchaîne. Le contrat social permet de retrouver une liberté supérieure : la liberté civile et morale.

Développement :

  1. 1

    Dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), Rousseau décrit un état de nature où l'homme est libre, indépendant et autosuffisant. Mais le développement de la société, de la propriété privée et des inégalités a progressivement enchaîné l'homme : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » (Du contrat social, I, 1). La civilisation a corrompu la liberté naturelle.

  2. 2

    Le Contrat social (1762) propose une solution : le pacte social par lequel chacun aliène tous ses droits à la communauté. Paradoxalement, cette aliénation totale garantit la liberté car « chacun, se donnant à tous, ne se donne à personne ». La volonté générale (distincte de la volonté de tous) exprime l'intérêt commun et fonde des lois auxquelles chacun obéit librement puisqu'il en est le co-auteur.

  3. 3

    Rousseau distingue trois formes de liberté : la liberté naturelle (limitée par la seule force de l'individu), la liberté civile (limitée par la volonté générale et garantie par le droit de propriété) et la liberté morale (« qui seule rend l'homme vraiment maître de lui ; car l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté », I, 8). Cette dernière forme est la plus haute : être libre, c'est se gouverner soi-même.

Citations clés

"L'homme est né libre, et partout il est dans les fers."

Du contrat social, I, 1

"L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté."

Du contrat social, I, 8

En dissertation :

Rousseau est indispensable pour penser la dimension politique de la liberté. Utilisez-le pour montrer comment la loi peut être libératrice, pour distinguer liberté naturelle et liberté civile, ou pour critiquer les inégalités comme obstacles à la liberté. Particulièrement pertinent pour « La liberté doit-elle être limitée ? », « Obéir est-ce renoncer à sa liberté ? » et « La liberté est-elle menacée par l'égalité ? ».

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