La bioéthique
Fiche EMC Première sur la bioéthique : PMA, GPA, fin de vie, don d'organes et questions éthiques liées aux sciences du vivant.
Programme officiel
Questions éthiques liées aux sciences du vivant : progrès médical, dignité et limites.
Cours complet
I. Qu'est-ce que la bioéthique ?
La bioéthique fixe les limites éthiques aux avancées biomédicales. En France, les lois de bioéthique sont révisées tous les 7 ans (dernière révision : 2021). Principes fondamentaux : dignité de la personne, consentement éclairé, non-marchandisation du corps humain, anonymat du don. Le CCNE (Comité Consultatif National d'Éthique) émet des avis pour éclairer le législateur.
II. PMA, GPA et filiation
PMA (Procréation Médicalement Assistée) : ouverte à toutes les femmes depuis 2021 (couples hétérosexuels, homosexuels, femmes seules). Techniques : insémination artificielle, FIV. GPA (Gestation Pour Autrui) : interdite en France (non-marchandisation du corps). Débat : la GPA est-elle une exploitation des femmes ou un acte de solidarité ? L'accès à leurs origines pour les enfants nés de don est désormais possible à leur majorité.
III. Fin de vie
Loi Claeys-Leonetti (2016) : droit à la sédation profonde et continue en phase terminale, mais l'euthanasie active reste interdite. Directive anticipée : chacun peut exprimer ses volontés pour sa fin de vie. Débat en 2024-2025 : projet de loi sur l'aide active à mourir. Arguments pour : droit à mourir dans la dignité, éviter les souffrances inutiles. Arguments contre : risque de dérives (pressions sur les personnes vulnérables), rôle du médecin (soigner, pas tuer), développer les soins palliatifs.
IV. Génétique et édition du génome
CRISPR-Cas9 permet de modifier l'ADN avec une précision inédite. Applications thérapeutiques : soigner la drépanocytose, la mucoviscidose. Risques : « bébés sur mesure » (affaire He Jiankui en Chine, 2018), effets imprévisibles sur les générations futures. Le diagnostic préimplantatoire (DPI) sélectionne les embryons indemnes de maladies graves — mais où placer la limite ? Le séquençage du génome entier soulève des questions d'assurance et de discrimination génétique.
Vocabulaire essentiel
Méthode
En bioéthique, il n'y a pas de « bonne réponse » mais des arguments à peser. Présentez toujours les deux positions avec respect, appuyez-vous sur les principes juridiques et éthiques, et concluez par votre réflexion personnelle argumentée.
Exercices
Q1 : Pourquoi la GPA est-elle interdite en France ?
Réponse : La loi française repose sur le principe de non-marchandisation du corps humain (art. 16-1 Code civil). La GPA est considérée comme une exploitation potentielle du corps de la femme porteuse, même si elle est « altruiste ». Risques : pression économique sur les femmes précaires, attachement de la mère porteuse, marchandisation de l'enfant. Arguments contraires : c'est un choix libre, les couples homosexuels masculins n'ont pas d'autre option, la GPA éthique existe dans certains pays (Canada, UK). Le débat reste vif.
Q2 : Faut-il légaliser l'euthanasie en France ?
Réponse : Pour : respecter l'autonomie du patient, éviter des souffrances inutiles, l'euthanasie est légale en Belgique, Pays-Bas et Luxembourg sans dérives massives. Contre : le rôle du médecin est de soigner, risque de pressions sur les personnes âgées ou handicapées, les soins palliatifs restent insuffisamment développés. Position intermédiaire : le suicide assisté (le patient s'administre lui-même le produit, comme en Suisse/Oregon) comme compromis entre autonomie et protection. La France débat actuellement d'une « aide active à mourir » encadrée.
Q3 : CRISPR-Cas9 : progrès ou danger ?
Réponse : Progrès : guérir des maladies génétiques incurables (drépanocytose, mucoviscidose, myopathies), améliorer l'agriculture (plantes résistantes). Danger : modifier les cellules germinales transmet les modifications aux générations futures (effets inconnus), risque de « bébés sur mesure » (intelligence, couleur des yeux), aggravation des inégalités (seuls les riches y auront accès). Consensus actuel : la recherche thérapeutique est encouragée, mais la modification d'embryons humains à visée non-thérapeutique est interdite.
Q4 : Comment le CCNE aide-t-il le législateur ?
Réponse : Le CCNE (créé en 1983) est composé de 40 membres (médecins, juristes, philosophes, représentants des cultes, personnalités qualifiées). Il émet des avis consultatifs sur les questions éthiques avant les révisions des lois de bioéthique. Il organise des états généraux de la bioéthique (consultations citoyennes). Ses avis ne sont pas contraignants mais orientent le débat parlementaire. Exemple : l'avis favorable du CCNE sur l'ouverture de la PMA a précédé la loi de 2021.
Q5 : Le don d'organes doit-il rester anonyme et gratuit ?
Réponse : En France, le don d'organes repose sur trois principes : consentement présumé (tout le monde est donneur sauf refus explicite), gratuité (interdiction de vendre ses organes), anonymat (donneur et receveur ne se connaissent pas). Justifications : éviter le trafic d'organes, protéger les familles, garantir l'équité d'accès. Débats : le consentement présumé respecte-t-il vraiment la volonté ? La pénurie d'organes (24 000 en attente, 5 000 greffes/an) justifie-t-elle d'assouplir les règles ? La xénotransplantation (organes animaux) est une piste.
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